Accueil > Enjeux de la maintenance > Le budget de maintenance
La préparation des budgets de maintenance est un enjeu important, notamment pour le responsable du service, qui doit présenter à sa hiérarchie un budget équilibré qui reflète la réalité de l’état des équipements qu’il supervise et qui doit s’intégrer dans le budget général de production de l’entreprise (ou de l’usine).
La méthode de construction d’un budget maintenance présenté va se dérouler en trois parties :
- La préparation du budget « Entretien Courant » ;
- La préparation du budget « Consommables » ;
- La préparation du budget « Organes et Grosses Réparations » ;

On définira par Entretien Courant tout l’entretien préventif systématique du matériel. Cela concernera par exemple des vidanges d’huile, des changements de filtres, des remplacements de joints…
La partie « Entretien Courant » est probablement la partie la plus facile à établir, mais à condition d’avoir un historique comptable fiable. Il suffit alors de récupérer, pour chaque équipement ou chaque famille d’équipement les montants d’entretien dépensés sur l’année N. En y associant les compteurs horaires de cette même année, on va pouvoir définir un coût d’entretien horaire moyen qui prend en compte à la fois les coûts de pièce de rechange et les coûts de main d’œuvre. Ensuite, en fonction de l’utilisation prévisionnelle des équipements sur l’année N+1, et en multipliant par un coefficient correspondant au ratio des utilisations entre les années N et N+1, on obtiendra le montant total à provisionner pour l’entretien du matériel sur l’année qui se profile.

On appellera par Consommables les pièces d’usure qui sont consommées au cours du processus industriel. Elles ne rentrent pas en compte dans l’entretien courant car leur remplacement dépendra de leur état d’usure et par conséquent, elles rentrent dans une logique de maintenance conditionnelle. Cela concernera par exemple des pneumatiques, des bandes de convoyeurs, des trains de chaînes…
Du fait que l’état des éléments va avoir une conséquence sur leur remplacement ou non, cette partie du budget est plus difficile à évaluer. Ce sont des éléments donc le degré d’usure va fortement dépendre des conditions d’utilisation. Par exemple, en ce qui concerne un train de chaîne, l’usure sera beaucoup plus rapide dans des conditions de travail avec des matériaux abrasifs qu’avec des matériaux souples. Il faut alors prendre le temps d’observer chaque composant, par des relevés qui rendent compte de l’état du composant. Le rôle du technicien devient alors très important dans ce cas, car il est le seul au contact des équipements à pouvoir évaluer cet état d’usure.
On appellera Organes et grosses Réparations tout l’entretien qui concerne des éléments lourds et couteux des installations industrielles. Ce sera par exemple des moteurs, des pompes, des trains épicycloïdaux...Du fait du cout élevé de ces organes, on travaillera le plus généralement en maintenance corrective (notamment si on gère un stock de pièces de rechange, qu’on connait les délais de livraisons, les prix…).
Du fait de cette méthode de travail, il sera très important de prendre en compte l’âge de ces organes dans la réflexion budgétaire. En effet, lors de la conception d’un système mécanique, une durée de vie « mécanique » est estimée (par exemple, les durées de vie des roulements à billes sont connus d’avance). En rapprochant la durée de vie réelle de la durée de vie estimée pour chacun des gros organes mécaniques, on va pouvoir définir une liste prévisionnelle d’organes qui tomberont en panne l’année suivante et ainsi anticiper le coût du remplacement de ceux-ci dans le budget d’entretien.
La préparation d’un budget de maintenance va ainsi se construire autour de trois axes de maintenance :
- Le budget entretien courant lié à la maintenance préventive ;
- Le budget consommables lié à la maintenance conditionnelle ;
- Le budget Organes lié à la maintenance corrective ;
Il faut cependant bien garder à l’esprit que ces budgets sont réalisés à partir de chiffres, qu’une panne reste souvent très difficile à anticiper et que l’œil humain sera un complément indispensable dans le cadre de la réalisation de prévisions budgétaires.
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